Le 26 septembre dernier, le comité de pilotage de « l’étude BAC » (bassin d’alimentation des captages) s’est réuni sous l’égide la mairie d’Orléans pour donner le coup d’envoi à un travail qui devrait durer dix mois. Il sera conduit par le groupement conjoint Chambre d’agriculture/Géo-Hyd, un bureau d’études orléanais.
Des captages prioritaires
Les captages du Val ont déjà été l’objet de différentes démarches liées à leur protection, suite à des contaminations récurrentes par des molécules phytosanitaires. Depuis 1999, une convention regroupant Orléans, Lyonnaise des eaux et la Chambre d’agriculture a permis de réaliser des actions volontaires sur le périmètre rapproché des captages (1100 ha), visant à prévenir les pollutions ponctuelles d’origine agricole. Certains travaux ont notamment été financés sur les exploitations : sécurisation de cuves à engrais ou à fioul, réhabilitation de têtes de forages, aires de stockage pour engrais solide. Une troisième convention a été signée en mars 2011 pour poursuivre ces actions. En 2006, c’est l’arrêté de DUP (déclaration d’utilité publique, procédure réglementaire) qui a été signé, qui définissait les périmètres de protection des captages et donnait les prescriptions à suivre (obligatoires cette fois) pour prévenir les pollutions ponctuelles.
Aujourd’hui, cette nouvelle étude s’inscrit dans la démarche de protection des captages issue du Grenelle de l’environnement. Les captages d’Orléans ont été classés prioritaires car ils sont stratégiques : ils alimentent 145 000 habitants de l’agglomération. L’objectif est de les protéger des risques de pollution diffuse, agricole et non agricole.
Mieux connaître le territoire
Le constat a été dit et répété lors du comité de pilotage : grâce à différents facteurs, dont des évolutions de pratiques agricoles, l’eau des captages du Val présente aujourd’hui une bonne qualité, qu’il faut s’employer à maintenir. Pour cela, la connaissance de la vulnérabilité du territoire aux pressions polluantes est nécessaire. Les deux premières phases de l’étude vont donc consister à recueillir les données générales du bassin d’alimentation des captages, à valider les limites proposées par l’hydrogéologue agréé en 2003, à expliquer le fonctionnement du bassin en utilisant l’hydrogéologie et la pédologie et à étudier les temps de transports des polluants. Ce travail permettra d’identifier les zones les plus vulnérables par rapport à l’alimentation en eau souterraine des captages du Val.
Identifier les pratiques à risque
La 3e phase de l’étude consistera à enquêter des exploitants agricoles et des usagers non agricoles du territoire (artisans, industriels, communes…), afin de comprendre leurs logiques d’action, d’expliquer leurs prises de décision, de mesurer leurs marges de manœuvre techniques et socio-économiques par rapport à l’utilisation de produits potentiellement polluants. Les pressions polluantes seront ensuite spatialisées et les risques de transfert évalués, pour conduire à la détermination des secteurs sur lesquels des actions de protection devront êtres entreprises.
Construire un programme d’actions
Dernière étape, proposer un plan d'actions agricoles et non agricoles, qui visera à prévenir, réduire ou supprimer les risques liés aux activités polluantes sur le BAC. La synthèse des phases précédentes permettra de définir quel ensemble de solutions préconiser pour protéger au mieux les captages, en se focalisant sur l’enjeu principal, la pollution diffuse par les produits phytosanitaires. Ces solutions seront hiérarchisées, proportionnées et localisées : l’objectif est d’obtenir un maximum d’efficacité en positionnant les actions adéquates sur les zones les plus vulnérables. Leur coût sera étudié, ainsi que les financements pouvant être apportés.
Les conclusions seront rendues pour l’été 2012. Des comités de pilotage se tiendront à la fin de chaque phase, ainsi que deux réunions publiques où tous les acteurs du territoire seront conviés, afin que chacun puisse comprendre l’avancée de l’étude et s’en approprier les résultats.